Le 18 décembre dernier, l’Association mauritanienne pour la Citoyenneté et le Développement (AMCD) a organisé, en partenariat avec le réseau Ouest africain, de défense des droits des personnes en migration et demandeurs d’Asile (ROA-PRODMAC), une rencontre d’information sur les conditions de vie et les difficultés des migrants en Mauritanie.
Carte de séjour , les cas de rafles nocturnes, l’accès à l’état civil, l’éducation, droits des migrants voilà les principaux points au menu de cette rencontre d’information tenue à l’hôtel Talkhaya vers carrefour Nouadhibou à Nouakchott.
Une occasion « d’évaluer aussi le cadre juridique que nous octroie le cadre juridique mauritanien» a fait savoir Dr Cheikh Tijane Thiongane, biologiste et pharmacien pour qui « il y a une justice à 2 vitesse » . Ce ressortissant sénégalais en Mauritanie depuis une trentaine d’années pour qui « il faut se dire la vérité, les yeux dans les yeux » rapporte le calvaire de certains migrants en Mauritanie, entre autre «le cas d’un jeune sénégalais en prison depuis 10 ans sans jugement » il fustige par ailleurs que « des ONG ne défendent pas les migrants, mais elles défendent leurs propres intérêts».
Ce militant de la cause des migrants rappelle « aucun pays ne s’est développé sans les migrants, les mauritaniens exercent librement leur métier au Sénégal», en outre il note « ce sont les européens qui sont entrain de mener une politique migratoire pour l’Afrique , il faut l’équité dans la migration» ajoute-il.
Parlant de l’obtention de la carte de séjour, Ibou Badiane spécialiste de la question migratoire, a confié que « la condition exigée n’est à la portée de la majorité des migrants malgré les efforts de la Mauritanie en un moment donné pour une régulation gratuité pour 3 à 4 mois , la Mauritanie doit revoir ses copies pour obtention du séjour » .Cette source a rappelé également que la majorité des migrants travaillent dans le secteur informel.
Lors de cette rencontre, Amadou Mbow, président de l’Association mauritanienne pour la Citoyenneté et le Développement (AMCD) a plaidé pour l’implication des migrants dans la défense de leurs droits et l’apport des ONG dans le plaidoyer pour porter ces doléances auprès des responsables décisionnels. Un ressortissant de la Guinée Bissau a invité la communauté migrante à « s’unir d’abord et se battre pour ses droits ».
Awa Traoré